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partie de ses contemporains, soit de l’ordre ecclésiastique, soit de l’ordre civil ; que le savant Photius avait dirigé son éducation, et que cet empereur composa ou publia, sous son propre nom, plusieurs ouvrages sur des matières sacrées ou profanes : mais un tort de conduite domestique, la multiplicité de ses mariages nuisit à sa réputation de philosophe et d’homme religieux. Les moines prêchaient toujours les anciennes maximes sur le mérite et la sainteté du célibat, et elles étaient avouées par la nation. On permettait le mariage comme un moyen nécessaire de propager le genre humain. Après la mort de l’un des époux, la faiblesse ou la puissance de la chair pouvait conduire le survivant à un second mariage ; mais un troisième passait pour une espèce de fornication légale, et la célébration des quatrièmes noces était un péché et un scandale encore inconnu aux chrétiens de l’Orient. L’empereur Léon lui-même, au commencement de son règne, avait aboli l’état civil des concubines, et avait condamné les troisièmes mariages sans les annuller ; le patriotisme et l’amour le déterminèrent bientôt à violer ses propres lois, et à encourir la peine qu’en pareil cas il imposait à ses sujets. Il n’avait point eu d’enfans de ses trois premiers mariages ; l’empereur avait besoin d’une compagne, et l’empire demandait un héritier légitime. La belle Zoé fut introduite dans le palais en qualité de concubine, et lorsque par la naissance de Constantin elle eut donné des preuves de sa fécondité, l’empereur déclara son intention de légiti-