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chie, telle qu’il la transmit à la dynastie macédonienne. Il réprima d’une main habile des abus consacrés par le temps et par des exemples. S’il ne fit pas renaître la valeur nationale, du moins rendit-il à l’Empire romain de l’ordre et de la majesté. Son application était infatigable, son caractère froid, sa tête forte, ses décisions rapides ; et il pratiquait cette rare et utile modération qui tient chacune des vertus à une égale distance des vices auxquels elles sont opposées. Son service militaire s’était borné à l’intérieur du palais, et il manqua du courage ou des talens d’un guerrier. Cependant sous son règne les armes romaines se montrèrent encore redoutables aux Barbares. Dès que par le rétablissement de la discipline et des exercices militaires il eut créé une nouvelle armée, il se montra en personne sur les bords de l’Euphrate ; il humilia l’orgueil des Sarrasins, et étouffa la révolte dangereuse, quoique juste, des manichéens. Dans son indignation contre un rebelle qui lui avait long-temps échappé, il demanda à Dieu la grâce d’enfoncer trois traits dans la tête de Chrysochir, c’était le nom de son ennemi. Cette tête odieuse qu’il avait obtenue par trahison, plutôt que par son courage, fut attachée à un arbre et exposée trois fois à l’adresse de l’archer impérial ; lâche vengeance, et plus digne du siècle que du caractère de Basile ; mais son principal mérite se montra dans l’administration des finances et celle des lois. Afin de remplir le trésor épuisé, on lui proposa de revenir sur les dons mal placés de son prédécesseur : il eut