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le fit connaître à la cour. Un fameux lutteur qui était à la suite des ambassadeurs de la Bulgarie avait défié au milieu du banquet royal le plus courageux et le plus robuste des Grecs. On vanta la force de Basile ; il accepta le défi, et le Barbare fut renversé dès le premier choc. Il avait été décidé qu’on couperait les jarrets d’un très-beau cheval que rien ne pouvait dompter ; Basile l’ayant subjugué par son intrépidité et son adresse, obtint une place honorable dans les écuries de l’empereur : mais il était impossible d’obtenir la confiance de Michel sans s’accommoder à ses vices. Ce nouveau favori devint grand chambellan du palais, et se soutint à ce poste par un mariage déshonorant avec une des concubines du prince, et par le déshonneur de sa sœur, qui prit la place de celle-ci. Les soins de l’administration avaient été abandonnés au César Bardas, frère et ennemi de Théodora. Les maîtresses de Michel lui peignirent son oncle comme un homme odieux et redoutable ; on écrivit à Bardas qu’on avait besoin de ses services pour l’expédition de Crète ; il sortit de Constantinople, et le chambellan le poignarda sous les yeux de l’empereur, dans la tente où on lui donnait audience. Un mois après cette action, Basile obtint le titre d’Auguste et le gouvernement de l’empire. Il supporta cette association inégale jusqu’au moment où il se crut assuré de l’estime du peuple. Un caprice de l’empereur mit ses jours en danger, et Michel avilit sa dignité en lui donnant un second collègue qui avait servi de rameur dans les galères. Toutefois le