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et pour égayer leurs bacchanales, ils administraient la sainte communion avec un dégoûtant composé de vinaigre et de moutarde. On ne dérobait pas ces impiétés aux regards de la ville : un jour de grande fête, l’empereur, ses évêques et ses bouffons, courant les rues, montés sur des ânes, rencontrèrent le véritable patriarche à la tête de son clergé, et par leurs acclamations licencieuses et leurs gestes obscènes, déconcertèrent la gravité de cette procession chrétienne. Michel ne se conforma jamais aux pratiques de la dévotion que pour outrager la raison et la véritable piété ; il recevait d’une statue de la Vierge les couronnes du théâtre, et il viola la tombe impériale de Constantin l’iconoclaste pour le plaisir de brûler ses ossemens. Cette conduite extravagante le rendit aussi méprisable qu’il était odieux. Chaque citoyen désirait avec ardeur la délivrance de son pays, et ses favoris eux-mêmes craignaient qu’un caprice ne leur ôtât ce qu’un caprice leur avait donné. À l’âge de trente ans, et au milieu de l’ivresse et du sommeil, Michel III fut assassiné dans son lit par le fondateur d’une nouvelle dynastie, qu’il avait revêtu d’un rang et d’un pouvoir égal au sien.

Basile Ier ou le Macédonien. A. D. 867. Sept. 24.

La généalogie de Basile le Macédonien, si elle n’a pas été fabriquée par l’orgueil et la flatterie, montre bien à quelles révolutions se trouvent exposées les plus illustres familles. Les Arsacides, rivaux de Rome, avaient donné des lois en Orient durant près de quatre siècles ; une branche cadette de ces lois parthes continua de régner en Arménie, et