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Les Arméniens.

IV. Depuis le siècle de Constantin, les Arméniens[1] ont signalé leur attachement pour la religion et l’empire des chrétiens. Les désordres de leur pays et leur ignorance de la langue grecque empêchèrent leur clergé d’assister au concile de Chalcédoine, et ils flottèrent quatre-vingt-quatre ans[2] dans un état d’indifférence ou d’incertitude, jusqu’à l’époque où leur foi sans guide les livra à l’autorité des missionnaires de Julien d’Halycarnasse[3], qui, en Égypte, où il se trouvait exilé ainsi que les monophysites, avait été vaincu par les argumens ou

    (Instit. Hist. Christ., t. III, p. 186), Niebuhr (Voyage de l’Arabie, etc., t. II, p. 346, 370, 381), et surtout le judicieux Volney (Voyage en Égypte et en Syrie, tom. II, p. 8-31, Paris, 1787).

  1. La Croze (Hist. du Christianisme de l’Éthiopie et de l’Arménie, p. 269-402) fait connaître en peu de mots la religion des Arméniens. Il renvoie à la grande histoire d’Arménie par Galanus (3 vol. in-fol. ; Rome, 1650-1661) ; et il recommande le tableau de l’état de l’Arménie, qui se trouve dans le troisième volume des nouveaux Mémoires des Missions du Levant. L’ouvrage d’un jésuite doit avoir un bien grand mérite, quand La Croze lui donne des éloges.
  2. On place l’époque du schisme des Arméniens quatre-vingt-quatre ans après le concile de Chalcédoine (Pagi, Critica, A. D. 535) ; il se consomma dans un espace de dix-sept ans, et c’est de l’année 552 que nous datons l’ère des Arméniens (l’Art de vérifier les dates, p. 35).
  3. On peut voir les sentimens et les succès de Julien d’Halycarnasse dans Liberatus (Brev., c. 19), Renaudot (Hist. patriar. Alex., p. 132-303) et Assemani (Bibl. orient., t. II, Dissert. de monophysitis, part. VIII, p. 286).