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infidèles, ils résident à une lieue environ de Merdin, dans l’agréable monastère de Zapharan, qu’ils ont orné de cellules, d’aquéducs et de plantations. Le maphrian qui réside à Mosul, où il brave le catholique ou primat nestorien, auquel il dispute la primatie de l’Orient, occupe la seconde place, regardée encore comme très-honorable. On a compté aux diverses époques de l’Église jacobite, cent cinquante archevêques ou évêques sous le patriarche et le maphrian ; mais l’ordre de la hiérarchie s’est affaibli ou rompu, et les environs de l’Euphrate et du Tigre composent la plus grande partie de leurs diocèses. On trouve de riches marchands et d’habiles ouvriers dans les villes d’Alep et d’Amida, dont le patriarche fait souvent la visite ; mais le peuple y tire une misérable subsistance de ses travaux journaliers ; et la pauvreté a pu, aussi-bien que la superstition, contribuer à l’établissement des jeûnes excessifs qu’ils s’imposent ; ils ont chaque année cinq carêmes, durant lesquels le clergé et les laïques s’abstiennent non-seulement de viande et d’œufs, mais même de vin, d’huile et de poisson. Leur population actuelle est évaluée de cinquante à quatre-vingt mille âmes, reste d’une Église très-nombreuse, qui a diminué graduellement sous une tyrannie de douze siècles. Mais dans cette longue période, quelques étrangers, hommes de mérite, ont embrassé la secte des monophysites, et Abulpharage[1], primat de l’Orient, si remarqua-

  1. Les détails sur sa personne et ses écrits forment peut--