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étrangère. Ils surpassaient les naturels de l’Indostan dans l’art militaire, dans les arts de la paix, et peut-être aussi les surpassaient-ils en vertus. Ceux qui tiraient leurs richesses de l’agriculture, cultivaient le palmier ; le commerce du poivre enrichissait les marchands ; les soldats précédaient les naïrs ou les nobles de Malabar, et le roi de Cochin, le Zamorin lui-même, par reconnaissance ou par crainte, respectaient leurs priviléges héréditaires ; ils obéissaient à un souverain Gentou, mais l’évêque d’Angamala les gouvernait même dans les affaires temporelles. Il continuait à faire valoir son ancien titre de métropolitain de l’Inde ; mais sa juridiction ne s’étendait réellement que sur quatorze cents églises, et deux cent mille âmes étaient confiées à ses soins. [A. D. 1500. etc.]Ils seraient devenus, par leur religion, les alliés les plus sûrs et les plus affectionnés des Portugais ; mais les inquisiteurs aperçurent bientôt parmi les chrétiens de saint Thomas le schisme et l’hérésie, crimes impardonnables à leurs yeux. Les chrétiens de l’Inde, au lieu de se soumettre au pontife de Rome, souverain spirituel et temporel de tout le globe, adhéraient, ainsi que leurs ancêtres, à la communion du patriarche nestorien ; et les évêques qu’il ordonnait à Mosul, affrontaient, par mer et par terre, un grand nombre de dangers pour arriver dans leurs diocèses situés sur la côte du Malabar. Dans leur liturgie, en langue syriaque, on rappelait dévotement les noms de Théodore et de Nestorius ; ils réunissaient dans leur adoration les deux personnes de