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vague qu’on a donnée successivement aux résidences royales de Séleucie, de Ctésiphon et de Bagdad. Ces rameaux éloignés sont flétris dès long-temps, et le vieux trône patriarchal[1] se trouve aujourd’hui partagé entre les Elijahs de Mosul, qui représentent presque en ligne directe la descendance des patriarches de la primitive église, entre les Josephs d’Amida qui se sont réconciliés avec l’Église de Rome[2], et les Siméons de Van ou d’Ormia, qui se révoltèrent dans le seizième siècle, au nombre de quarante mille familles, et furent favorisés par les sophis de la Perse. On compte en tout aujourd’hui trois cent mille nestoriens qu’on a confondus dans la dénomination de Chaldéens et d’Assyriens, avec la nation la plus éclairée et la nation la plus puissante de l’antiquité orientale.

Les chrétiens de saint Thomas établis dans l’Inde. A. D. 883.

Selon la légende de l’antiquité, saint Thomas prêcha l’Évangile dans l’Inde[3]. Sur la fin du neu-

  1. On peut suivre la division du patriarchat dans la Bibl. orient., d’Assemani, t. I, p. 523-549 ; t. II, p. 457, etc. ; t. III, p. 603, 621-623 ; t. IV, p. 164-169, 423, 622-629, etc.
  2. Fra-Paolo, dans son septième livre, relève avec élégance le langage pompeux qu’emploie la cour de Rome lors de la soumission d’un patriarche nestorien. Le pape eut soin d’employer les grands mots de Babylone, de Ninive, d’Arbèle, les trophées d’Alexandre, Tauris et Ecbatane, le Tigre et l’Indus. Voyez Fra-Paolo, l. VII.
  3. Saint Thomas, qui prêcha dans l’Inde, dont les uns parlent comme d’un simple missionnaire, les autres comme d’un manichéen, et les autres enfin comme d’un marchand arménien (La Croze, Christian. des Indes, t. I, p. 57-70),