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l’Inde ; mais la propagation du christianisme réveilla les inquiétudes du gouvernement ; et après une courte vicissitude de faveur et de persécution, la secte étrangère se perdit dans l’obscurité et dans l’oubli[1]. Sous le règne des califes, l’Église des Nestoriens s’étendit de la Chine à Jérusalem et en Chypre, et on calcula que le nombre des églises nestoriennes et jacobites surpassait celui des églises grecques et latines[2]. Vingt-cinq métropolitains ou archevêques composaient leur hiérarchie ; mais plusieurs d’entre eux, à raison de la distance et des dangers du voyage, furent dispensés de l’obligation de se présenter en personne, sous la condition facile à remplir, que tous les six ans ils fourniraient un témoignage de leur foi et de leur obéissance au catholique ou patriarche de Babylone, dénomination

  1. Le christianisme de la Chine, entre les septième et treizième siècles, est prouvé d’une manière incontestable par une réunion de témoignages chinois, arabes, syriaques et latins. (Assemani, Bibl. orient., t. IV, p. 502-552 ; Mém. de l’Acad. des inscript., t. XXX, p. 802-819.) La Croze, Voltaire, etc., ont été dupes de leur propre finesse, lorsque, pour se tenir en garde contre une fraude des jésuites, ils ont voulu regarder comme supposée l’inscription de Sigan-Fu, qui fait connaître l’éclat de l’Église nestorienne, depuis la première mission (A. D. 636), jusqu’à l’année 781, date de cette inscription.
  2. Jacobitæ et nestorianæ plures quam græci et latini. Jacques de Vitry, Hist. Hierosol., l. II, c. 76, p. 1093 ; dans les Gesta Dei per Francos. Le nombre en est donné par Thomassin, Discipline de l’Église, t. I, p. 172.