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Jésus-Christ seulement né homme.

I. Les chrétiens justement intéressés à l’honneur des premiers prosélytes de leur religion, ont été

    sur l’histoire ecclésiastique des deux premiers siècles, est par son caractère et sa position exempt de tout asservissement ; son esprit est net, mais ses vues ont peu d’étendue ; il réduit la raison ou la sottise des siècles aux bornes de son propre jugement ; son opposition aux sentimens des Pères a pu quelquefois soutenir, mais quelquefois aussi égarer son impartialité. Voyez ce qu’il dit des cérinthiens (LXXX), des ébionites (CIII), des carpocratiens (CXX), des valentiniens (CXXI), des basilidiens (CXXIII), des marcionites (CXLI), etc. 3o. L’Histoire critique du Manichéisme (Amsterdam, 1734-1739, en deux volumes in-4o, avec une Dissertation posthume sur les nazaréens ; Lausanne, 1745) contient des choses très-précieuses sur la philosophie et la théologie des anciens. Le savant historien débrouille avec un art admirable le fil systématique de l’opinion, et tour à tour il joue le rôle d’un saint, d’un sage ou d’un hérétique ; mais ses raffinemens sont quelquefois excessifs : on le voit entraîné par un sentiment généreux en faveur du parti le plus faible : tandis qu’il se prémunit avec tant de soin contre la calomnie, il ne calcule pas assez les effets de la superstition et du fanatisme. L’Index très-curieux de ce livre indiquera aux lecteurs tous les points qu’ils voudront examiner. 4o. L’historien Mosheim, moins profond que Pétau, moins indépendant que Le Clerc, et moins ingénieux que Beausobre, est complet, raisonnable, exact et modéré. Voyez dans son savant ouvrage (De rebus christianis ante Constaninum, Helmstadt, 1753, in-4o) ce qu’il dit des nazaréens et des ébionites (p. 172-179, 328-332), des gnostiques en général (p. 179, etc.), de Cérinthe (p. 196-202), de Basilide (p. 352-361), de Carpocrates (p. 363-367), de Valentin (p. 371-389), de Marcion (p. 404-410), des Manichéens (p. 829-837, etc.).