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dustrieusement entrelacés de manière à préserver des rayons brûlans du soleil, sans en intercepter sa vivifiante chaleur. Ces jouissances étaient encore relevées par le souvenir de leurs dangers et de leurs travaux ; la comparaison de leur pays natal, des mornes et stériles collines de la Scythie et des bords glacés de l’Elbe et du Danube, ajoutait pour eux de nouveaux charmes aux délices de l’Italie[1].

Mort d’Alaric, A. D. 412.

Quel qu’ait été l’objet d’Alaric, la gloire, la conquête ou les richesses, il le poursuivit avec une ardeur infatigable, sans se rebuter des revers ou se laisser amollir par les succès. À peine eut-il atteint

    table et toute la suite de l’empereur, que Pline nomme finement pars umbræ, expression qui pouvait aussi-bien convenir à Alaric.

  1. The prostrate South to the destroyer yields
    Her boasted titles, and her golden fields :
    With grim delight the brood of winter view.
    A brighter day, and skies of azure hue ;
    Scent the new fragance of the opening rose,
    And quaff the pendent vintage as it grows.

    « Le midi consterné céda aux dévastateurs ses titres de gloire et ses champs dorés. Le fils de l’Hiver vit pour la première fois, avec une hideuse expression de plaisir, un jour brillant et des cieux teints d’azur ; pour la première fois il sentit le parfum de la rose nouvellement épanouie, et savoura le jus de la grappe pendante sur le cep. »

    Voy. les Poëmes de Gray, publiés par M. Mason, p. 197. Au lieu de compiler des tables chronologiques et d’histoire naturelle, pourquoi M. Gray n’a-t-il pas employé son génie à achever ce poëme philosophique, dont il nous a laissé un si précieux échantillon ?