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le Forum de Rome et les statues des dieux et des héros dont il était décoré[1].

Captifs et fugitifs.

Quel que puisse être le nombre des plébéiens ou des membres de l’ordre équestre qui perdirent la vie dans le massacre de Rome, on assure qu’un seul sénateur périt par le fer des Barbares[2] ; mais il n’est pas aisé de calculer la multitude de ceux qui, d’un état aisé et honorable, furent réduits en un instant à la situation cruelle de captifs et d’exilés. Comme l’argent était pour les Barbares d’un usage

  1. Orose, l. II, c. 19, p. 143. Il semblerait désapprouver toutes sortes de statues, vel Deum vel hominem mentiuntur. Elles représentaient les rois d’Albe et de Rome depuis Énée, les Romains qui s’étaient illustrés par les armes ou par les arts, et les Césars qu’on avait mis au rang des dieux. Le nom de Forum, dont il se sert, est un peu équivoque, puisqu’il en existait cinq principaux ; mais comme ils étaient tous contigus les uns aux autres dans la plaine qui est environnée par les monts Capitolin, Quirinal, Esquilin et Palatin, on peut les regarder comme ne faisant qu’un seul forum. Voyez la Roma antica de Donat, p. 162-201 ; et la Roma antica de Nardini, p. 212-273. La première est plus utile pour les anciennes descriptions, et la seconde pour la topographie actuelle.
  2. Orose (l. II, c. 19, p. 142) compare la cruauté des Gaulois à la clémence des Goths. Ibi vir quemquam inventum senatorem, qui vel absens evaserit ; hic vix : quemquam requiri, qui fortè ut latens perierit. Mais cette antithèse a un air de recherche qui ne ressemble point à la vérité ; et Socrate (l. VII, c. 10) affirme, peut-être tout aussi faussement, qu’un grand nombre de sénateurs furent massacrés après avoir souffert les plus cruelles tortures.