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convertir sous son règne des infidèles et des hérétiques. Les ambassadeurs de Recarède lui offrirent respectueusement de l’or, des pierres précieuses, et acceptèrent comme un échange avantageux les cheveux de saint Jean-Baptiste, une croix où était renfermé un morceau de la croix de Jésus-Christ, et une clef qui contenait quelques limailles des chaînes de saint Pierre[1].

Conversion des Lombards d’Italie. A. D. 600, etc.

Le même Grégoire, après avoir converti la Bretagne, encouragea la pieuse Théodelinde, reine des Lombards, à répandre la foi de Nicée parmi les sauvages victorieux dont le christianisme récent était taché par l’hérésie d’Arius. Ses pieuses entreprises laissèrent cependant encore une carrière ouverte aux travaux et aux succès des missionnaires qui vinrent après lui, et les évêques des deux partis se disputèrent encore plusieurs villes de l’Italie ; mais l’influence de la vérité, et l’exemple de l’intérêt anéantit insensiblement la doctrine arienne ; et les Lombards d’Italie terminèrent par leur conversion, après une guerre de trois cents ans, la controverse dont l’Égypte avait puisé les principes dans l’école de Platon[2].

  1. Voyez Greg. Magn., l. VII, epist. 126 ; apud Baron., Annal. eccles., A. D. 599, nos 25, 26.
  2. Paul Diacre (De gest. Longob., l. IV, c. 44, p. 853, édit. Grot.) avoue que l’arianisme prévalait encore sous le règne de Rotharis, A. D. 536-552. Le pieux diacre ne donne point la date précise de la conversion nationale, qui fut toutefois accomplie avant la fin du septième siècle.