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lantes. Au lieu de menaces et de tortures, il eut recours aux armes plus douces, mais plus efficaces de la séduction. Les dignités, les richesses et sa faveur, étaient la récompense assurée de l’apostasie ; en renonçant à leur foi, les catholiques obtenaient le pardon de tous les crimes ; et lorsque Thrasimond voulait employer la rigueur, il attendait patiemment que ses adversaires lui en fournissent le prétexte par quelque indiscrétion. Fanatique jusqu’à sa dernière heure, il fit faire à son successeur le serment de ne jamais tolérer les disciples de saint Athanase ; mais Hilderic, fils compatissant du sauvage Hunneric, préféra les devoirs de la justice et de l’humanité à l’obligation d’un vœu impie, et son règne ramena la paix et la liberté. [Gelimer. A. D. 530.]Son cousin Gelimer, arien zélé, usurpa le trône de ce souverain vertueux, mais faible ; mais Bélisaire l’en fit descendre et détruisit la monarchie des Vandales avant que leur nouveau souverain eût pu jouir ou abuser de son pouvoir ; et le parti orthodoxe se vengea de ses souffrances[1].

  1. Les monumens originaux de la persécution des Vandales sont conservés dans les cinq livres de l’histoire de Victor Vitensis, De persec. vand. (Cet évêque avait été exilé par Hunneric). Dans la vie de saint Fulgence, qui se distingua dans la persécution de Thrasimond (in Bibl. Max. Patr., t. IX, p. 4-16), et dans le premier livre de la guerre des Vandales par Procope (c. 7, 8, p. 196, 198, 199). Dom Ruinart, le dernier éditeur de Victor, a éclairci tout ce sujet par une savante profusion de notes et par un supplément. Paris, 1664.