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dans l’histoire monastique de l’Orient[1]. Avec un génie orné de l’éloquence et de l’érudition d’Athènes, et une ambition que put à peine satisfaire l’archevêché de Césarée, saint Basile se retira dans une solitude sauvage du Pont, et daigna diriger quelque temps les colonies spirituelles qu’il avait répandues en grand nombre sur les côtes de la mer Noire. [Saint Martin dans la Gaule. A. D. 370.]Dans l’Occident, saint Martin de Tours[2], soldat, ermite, évêque et saint, établit les monastères de la Gaule. Deux mille de ses disciples suivirent son enterrement, et son historien défie les déserts de la Thébaïde de produire, dans un climat bien plus favorable, un rival orné des mêmes vertus. Le monachisme s’étendit aussi rapidement et aussi généralement que le christianisme : toutes les provinces de l’empire, et à la fin toutes les villes se remplirent d’une multitude de moines, dont le nombre augmentait sans cesse. Les anachorètes choisirent les îles désertes de

  1. Sa première retraite fut dans un petit village sur les bords de l’Iris, près de Néo-Césarée. Les dix ou douze années de sa vie monastique furent troublées par de longues et fréquentes interruptions de ses pieux exercices. Quelques critiques ont disputé l’authenticité de ses règles de discipline ; mais les preuves existantes sont irrécusables, et attestent un enthousiasme réel ou affecté. Voy. Tillemont, Mém. ecclés., t. IX, p. 636-644 ; Hélyot, Hist. des Ordres monastiques, t. I, p. 175-181.
  2. Voyez sa Vie et trois Dialogues de Sulpice-Sévère, qui affirme (Dialog. I, 16) que les libraires de Rome se félicitaient du prompt débit de cet ouvrage alors très en vogue.