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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 6.djvu/406

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rita l’attachement de ses sujets par un gouvernement doux et équitable, construisit une flotte qui faisait la loi sur la mer Adriatique, et menaçait alternativement les côtes d’Afrique et d’Italie[1]. [Et d’Ægidus dans la Gaule.]Ægidius, maître général de la Gaule, qui égalait ou imitait les héros de l’ancienne Rome[2], déclara son ressentiment implacable contre les assassins d’un prince qu’il chérissait. Une armée nombreuse et choisie suivait ses drapeaux ; et quoique les artifices de Ricimer et les forces des Visigoths lui fermassent le chemin de Rome, il maintint au-delà des Alpes sa souveraineté indépendante, et rendit le nom d’Ægidius respectable dans la paix comme dans la guerre. Les Francs, qui avaient puni par l’exil les débordemens du jeune Childéric, placèrent sur le trône le général romain. Cet honneur singulier flatta plus sa vanité que son ambition ; et quatre ans après, lorsque la nation se repentit de l’outrage qu’elle avait fait à la famille des Mérovingiens, il consentit à rendre le trône au prince légitime. Ægidius maintint sa puissance jusqu’à sa mort : les Gaulois, désespérés de sa perte, accusèrent Ricimer de l’avoir hâtée par

  1. Procope, De bell. Vandal., l. I, c. 6, p. 191. Dans plusieurs circonstances de la vie de Marcellin, il n’est pas aisé de concilier les historiens grecs avec les chroniques latines de ces temps.
  2. Je crois devoir appliquer à Ægidius les louanges que Sidonius (Panég. de Majorien, p. 553) donne à un maître général qu’il ne nomme pas, mais qui commandait l’arrière-garde de Majorien. Idatius loue sa piété d’après l’opinion publique et Priscus parle de ses talens militaires, p. 42.