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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 6.djvu/360

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pereur de la famille de Théodose. Il eut toute la faiblesse de son cousin et de ses deux oncles, sans y joindre la douceur, la pureté, l’innocence de caractère qui font tolérer en eux le manque de courage et d’intelligence. Valentinien, bien moins excusable, avait des passions et n’avait pas de vertus ; sa religion même était suspecte ; et quoiqu’il n’ait jamais embrassé les erreurs de l’hérésie, il scandalisa la piété des chrétiens par son attachement pour les pratiques sacriléges de la magie et de la divination.

Symptômes de décadence et de destruction.

Dès le temps de Cicéron et de Varron, les augures romains prétendaient que les douze vautours aperçus par Romulus annonçaient le terme fixé par le destin pour la durée de sa ville, qui serait détruite douze cents ans après sa fondation[1]. Cette prophétie avait peut-être été méprisée dans des siècles de vigueur et de prospérité ; mais alors en voyant s’approcher la fin de ce douzième siècle, marqué par la honte et les malheurs, le peuple se livrait aux craintes les

    seignemens obscurs et imparfaits. Procope (De bell. Vand., l. I, c. 4, p. 186, 187, 188) raconte fabuleusement tout ce qui est antérieur à son siècle ; il est donc indispensable d’y suppléer, et de le corriger par le secours de cinq ou six Chroniques, dont aucune n’a été composée à Rome ni en Italie, et qui ne peuvent que rapporter sans aucune liaison les bruits populaires répandus en Espagne, en Afrique, à Constantinople ou à Alexandrie.

  1. Cette interprétation de Vettius, célèbre augure, fut citée par Varron dans le dix-huitième livre de ses antiquités. Censorinus, De die natali, c. 17, p. 91, éd. Haverc.