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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 6.djvu/337

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otages, firent périr dans les tourmens les plus recherchés deux cents jeunes filles dont les unes furent écartelées par des chevaux sauvages, les autres écrasées sous le poids des chariots que l’on fit passer sur elles, et leurs membres épars sur la route servirent de pâture aux loups et aux vautours. Tels étaient les sauvages ancêtres dont les vertus imaginaires ont obtenu les louanges et excité quelquefois l’envie des siècles civilisés.[1]

Invasion de l’Italie par Attila. A. D. 451.

Le mauvais succès de l’expédition des Gaules n’altéra ni les forces, ni le courage, ni même la réputation d’Attila. Dans le printemps suivant, il fit une seconde demande de la princesse Honoria, et des trésors qui lui appartenaient. Sa demande fut encore rejetée ou éludée ; et le fougueux Attila reprit les armes, passa les Alpes, envahit l’Italie, et assiégea Aquilée avec une armée aussi nombreuse que la première. Les Barbares n’entendaient rien à la conduite d’un siège, qui même chez les anciens exigeait quelque théorie, ou au moins quelque pratique des arts mécaniques : mais les travaux de plusieurs milliers d’habitans de la province et des captifs, dont on

  1. Ces cruautés, que Théodoric, fils de Clovis, déplore avec indignation (saint Grégoire de Tours, l. III, c. 10, p. 190), paraissent convenir au temps et aux circonstances de l’invasion d’Attila. Son séjour dans la Thuringe a été long-temps attesté par la tradition populaire, et l’on prétend qu’il y tint un couroultai ou diète, dans les environs d’Eisenach. Voyez Mascou (IX, 30), qui décrit avec la plus scrupuleuse exactitude l’ancienne Thuringe, dont il assure que le nom est dérivé des Thervinges, tribu des Goths.