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Attila entre dans la Gaule, et assiége Orléans.

Un Gaulois contemporain, le savant et éloquent Sidonius, qui occupa depuis le siége épiscopal de Clermont, s’était engagé vis-à-vis d’un de ses amis à écrire l’histoire de la guerre d’Attila. Si la modestie de Sidonius ne l’avait pas détourné d’un ouvrage si intéressant[1], l’historien aurait exposé avec la simplicité de la vérité les faits mémorables auxquels le poète se contente de faire allusion d’une manière concise et dans un style vague et métaphorique[2]. Les rois et les nations de la Scythie et de la Germanie, répandues depuis le Volga, peut-être jusqu’au Danube, accoururent à la voix belliqueuse d’Attila. Du village royal dans les plaines de la Hongrie, ses étendards s’avancèrent vers l’Occident, et après une marc-

    c. 42, 674) et les Chroniques de Prosper et de Marcellin racontent très-imparfaitement les aventures d’Honoria ; mais il est impossible de les rendre croyables ou probables, à moins de séparer, par un intervalle de temps et de lieu, son intrigue avec Eugène, de son invitation à Attila.

  1. Exegeras mihi, ut promitterem tibi, Attilæ bellum stylo me posteris intimaturum… Cœperam scribere, sed operis arrepti fasce perspecto tæduit inchoasse. (Sidon. Apol., l. VIII, epist. 15, p. 246.)
  2. … Subito cum rupta tumultu
    Barbaries totas in te transfuderat arctos
    Gallia. Pugnacem Rugum comitante Gelono,
    Gepida trux sequitur ; Scyrum Burgundio cogit :
    Chunus, Bellonotus, Neurus, Basterna, Toringus,
    Bructerus, ulvosâ vel quem Nicer abluit undâ
    Prorumpit Francus, Cecidit cito secta bipenni
    Hercynia in lintres, et Rhenum texuit alno.
    Et jam terrificis diffuderat Attila turmis
    In campos se Belga tuos…

    Paneg. Avit. 319.