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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 6.djvu/285

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pendant le jour suivant, à rassembler et à sécher le bagage, à reposer les hommes et les chevaux. Avant de se mettre en route, les ambassadeurs prirent congé de la dame du village, et reconnurent sa générosité par d’utiles présens de vases d’argent, de toisons teintes en rouge, de fruits secs et de poivre des Indes. Aussitôt après cette aventure, ils rejoignirent la suite d’Attila, dont ils étaient séparés depuis six jours, et continuèrent lentement leur route jusqu’à la capitale d’un empire où ils n’avaient pas rencontré une seule ville dans un espace de plusieurs milliers de milles.

Le village royal et le palais.

Autant que nous en pouvons juger d’après l’obscurité des notions géographiques que nous a laissées Priscus, cette capitale paraît avoir été située entre le Danube, la Theiss, et les montagnes Carpathiennes dans la Haute-Hongrie, et probablement dans les environs de Jazberin, d’Agria ou de Tokay[1]. Elle eut sans doute pour origine un camp que les longues et fréquentes résidences d’Attila convertirent en un vaste village, devenu nécessaire pour y recevoir la cour du prince, les troupes qui l’environnaient et la

  1. Il est évident que Priscus passa le Danube et la Theiss, mais qu’il n’alla pas jusqu’au pied des montagnes Carpathiennes. Agria, Tokay et Jazberin, sont situées dans les plaines circonscrites par cette description. M. du Buat (Hist. des Peuples, etc., t. VII, p. 461) a choisi Tokay. Otrokosci, p. 180, apud Mascou, IX, 23, savant Hongrois, a préféré Jazberin, environ à trente-six milles à l’ouest de Bude et du Danube.