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avait occupé long-temps avec éclat des emplois civils et militaires, accepta à regret la commission désagréable, et peut-être dangereuse, d’apaiser le ressentiment du roi des Huns. L’historien Priscus, son ami[1], saisit cette occasion d’examiner le héros barbare dans le sein de la paix et de la vie domestique ; mais le secret de l’ambassade, secret fatal et criminel, ne fut confié qu’à l’interprète Vigilius. Les deux derniers ambassadeurs des Huns, Oreste, d’une famille noble de la Pannonie, et Édecon, chef vaillant de la tribu des Scyrres, retournèrent en même temps de Constantinople au camp d’Attila. Leurs noms obscurs acquirent bientôt de l’illustration par la fortune extraordinaire de leurs fils. Les deux serviteurs d’Attila devinrent pères du dernier empereur de l’Occident et du premier roi barbare de l’Italie.

Ambassade de Maximin à Attila. A. D. 448.

Les ambassadeurs, suivis d’un train nombreux

    éloquent Maximin avait été l’assesseur d’Ardaburius. (Socrate, l. VII, c. 20.) Lorsque Marcien monta sur le trône, il fit Maximin grand-chambellan, et dans un édit public ou lui donna le rang d’un des quatre principaux ministres d’état. (Nov. ad Calc. ; Cod. Théod., p. 31.) Il exécuta une commission civile et militaire dans les provinces orientales, et les Sauvages d’Éthiopie, dont il réprima les incursions, déplorèrent sa mort. Voyez Priscus, p. 40, 41.

  1. Priscus était né à Panium, dans la Thrace, et mérita, par son éloquence, une place parmi les philosophes de son siècle. Son Histoire de Byzance, relative au temps où il vivait, est composée de sept livres. Voy. Fabricius, Bibliot. Græc., t. VI, p. 235, 236. Malgré le jugement charitable des critiques, je soupçonne que Priscus était païen.