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raît que le roi des Huns établissait pour principe de jurisprudence nationale, qu’il ne pouvait jamais perdre la propriété des personnes qui avaient une fois, de gré ou de force, cédé à son autorité. D’après ce principe, il concluait, et les conclusions d’Attila étaient des lois irrévocables, que les Huns pris à la guerre devaient être renvoyés sans rançon et sans délai ; que tout captif romain fugitif payerait douze pièces d’or pour jouir de sa liberté, et que tous les déserteurs de ses drapeaux seraient rendus sans condition ni promesse de pardon. L’exécution de ce honteux traité exposa les officiers de l’empire à massacrer des déserteurs d’une naissance illustre, devenus fidèles sujets de l’empereur, et qui ne voulurent point se dévouer à des supplices certains ; et les Romains perdirent sans retour la confiance de tous les peuples de la Scythie, en prouvant qu’ils manquaient ou de bonne foi ou de forces pour protéger les supplians qui avaient embrassé le trône de Théodose[1].

Courage des Azimontins.

La fermeté d’une petite ville si obscure, que ni les historiens ni les géographes ne l’ont nommée dans aucune autre occasion, exposa dans tout son jour le déshonneur de l’empereur et de l’empire. Azimus ou Azimuntium, dans la Thrace et sur les

  1. Les articles du traité énoncés sans beaucoup d’ordre ou de précision, se trouvent dans Priscus, p. 34, 35, 36, 37, 53, etc. Le comte Marcellin fait deux remarques consolantes ; 1o. c’est qu’Attila sollicita lui-même la paix et des présens qu’il avait précédemment refusés ; 2o. que dans ce même temps les ambassadeurs de l’Inde firent présent à l’empereur Théodose d’un fort beau tigre privé.