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en donnant le titre de général romain au roi des Huns, qui daigna l’accepter. L’indocilité des Barbares et les intrigues perfides de la cour de Byzance, troublèrent fréquemment la tranquillité publique. Quatre nations, parmi lesquelles nous pouvons compter les Bavarois, secouèrent le joug des Huns, et les Romains encouragèrent cette révolte par leur alliance : mais le formidable Rugilas fit entendre efficacement ses réclamations par la voix d’Eslaw, son ambassadeur. Le sénat vota unanimement pour la paix ; l’empereur ratifia son décret, et l’on nomma deux ambassadeurs, le général Plinthas, Scythe d’extraction, mais ayant le rang de consulaire, et le questeur Iphigènes, politique habile et expérimenté, que l’ambitieux Plinthas avait demandé pour collègue.

Règne d’Attila. A. D. 433-453.

La mort de Rugilas suspendit les négociations. Ses deux neveux, Attila et Bleda, qui succédèrent au trône de leur oncle, consentirent à une entrevue avec les ambassadeurs de Constantinople ; et sans daigner descendre de cheval, ils traitèrent au milieu d’une vaste plaine, dans les environs de Margus, ville de la Haute-Mœsie. Tous les avantages de cette négociation furent pour les rois des Huns de même que tous les honneurs avaient été de leur côté. Ils dictèrent les conditions de la paix, dont chacune était un outrage à la majesté de l’empire. Outre la franchise d’un marché sûr et abondant sur les bords du Danube, ils exigèrent que la contribution annuelle fût portée de trois cent cinquante à sept cents livres