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terreur de l’univers. Je vais peindre ici le caractère et les exploits de ce redoutable Barbare, qui attaqua et envahit alternativement l’Orient et l’Occident, et hâta la chute de l’Empire romain.

Leur établissement dans la Hongrie.

Dans ce torrent d’émigrations successives qui se précipitaient continuellement des confins de la Chine sur ceux de la Germanie, on voit les tribus les plus puissantes et les plus peuplées s’arrêter d’ordinaire sur les confins des provinces romaines. Des barrières artificielles soutinrent quelque temps le poids accumulé de cette multitude. La facile condescendance des empereurs excitait, sans la satisfaire, l’avidité insolente de ces Barbares, qui avaient goûté des jouissances de la vie civilisée. Les Hongrois, qui prétendent compter Attila au nombre de leurs rois, peuvent affirmer avec vérité que les hordes qui obéissaient à son oncle Roas ou Rugilas, ont campé dans les limites de la Hongrie moderne[1], et occupé

    pas fort intelligens dans l’art de la fiction ; ils supposent que lorsque Attila envahit la Gaule et l’Italie, lorsqu’il épousa un grand nombre de femmes, etc., il était âgé de cent vingt ans. Thwrocz, Chroniq., p. 1, 22 ; in Scrip. Hungar., t. I, p. 76.

  1. La Hongrie a été successivement occupée par trois colonies de Scythes : 1o. les Huns d’Attila ; 2o. les Abares, dans le sixième siècle, et 3o. (A. D. 889) les Turcs ou Magiars, véritables ancêtres des Hongrois modernes, dont les relations avec les deux autres races sont très-faibles et très-éloignées. Le Prodremus ou la Notitia de Matthieu Bel paraît contenir de riches matériaux sur l’histoire ancienne et moderne de la Hongrie ; j’en ai vu les extraits dans la