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Les Vandales surprennent Carthage. A. D. 439. 9 octobre.

Une nouvelle ville était sortie de ses ruines avec le titre de colonie romaine ; et quoique Carthage ne possédât ni les prérogatives de Constantinople, ni peut-être le commerce d’Alexandrie ou la splendeur d’Antioche, elle passait cependant pour la seconde cité de l’Occident, et les contemporains la nommaient la Rome d’Afrique[1]. Cette riche capitale présentait encore, quoique asservie, l’image d’une république florissante. Carthage contenait les armes, les manufactures et les trésors de six provinces. Une subordination régulière d’honneurs civils s’élevait depuis les commissaires des rues et des quartiers jusqu’au tribunal du premier magistrat, qui, avec le titre de proconsul, jouissait du rang et de la dignité d’un consul de l’ancienne Rome. On y voyait des écoles et des gymnases ouverts à la jeunesse africaine, et les arts libéraux, la grammaire, la rhétorique et la philosophie y étaient publiquement enseignés en langues grecque et latine. Les bâtimens de Carthage se faisaient admirer par leur

    et de Marcellin ; elles placent la surprise de Carthage dans la même année, mais ne s’accordent pas sur le jour de cet événement.

  1. La description de Carthage, telle qu’elle était dans les quatrième et cinquième siècles, est tirée de l’Expositio totius Mundi, p. 17, 18, dans le troisième volume des Petits Géographes d’Hudson ; d’Ausone, De claris urbibus, p. 228, 229 ; et principalement de Salvien, De gubernatione Dei, l. VII, p. 257, 258. Je suis surpris que la Notitia ne donne à Carthage ni arsenal ni hôtel des monnaies, mais seulement un gynæceum ou atelier de femmes.