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Dans ces circonstances, les donatistes regardèrent Genseric chrétien, mais opposé à la foi orthodoxe, comme un libérateur puissant dont ils pouvaient raisonnablement espérer la révocation des édits odieux et vexatoires des empereurs romains[1]. Le zèle actif ou l’appui d’une faction locale facilita la conquête de l’Afrique ; les outrages qu’on accusa les Vandales d’avoir commis sur le clergé et dans les églises peuvent être imputés plus naturellement au fanatisme de leurs alliés ; et l’esprit intolérant qui avait déshonoré le triomphe du christianisme, contribua à la perte de la plus importante province de l’Occident[2].

Repentir tardif de Boniface. A. D. 430.

Le peuple et la cour furent étonnés d’apprendre qu’un héros vertueux, après avoir rendu tant de services et reçu tant de faveurs, eût trahit sa foi et in-

    que quelques hommes se brûlent dans ce monde, que s’ils étaient tous brûlés dans l’autre.

  1. Selon saint Augustin et Théodoret, les donatistes accordaient une préférence aux principes, ou au moins au parti des Ariens que soutenait Genseric. Tillemont, Mém. ecclés., t. VI, p. 68.
  2. Voyez Baronius, Annal. eccles., A. D. 428, no 7 ; A. D. 439, no 35. Le cardinal, quoique enclin à chercher la cause des grands événemens plutôt dans le ciel que sur la terre, a observé la liaison évidente des Vandales et des donatistes. Sous le règne des Barbares, les schismatiques de l’Afrique jouirent, dans l’obscurité, d’une paix de cent ans, au bout desquels nous en retrouvons la trace au flambeau de la persécution des empereurs. Voyez Tillemont, Mém. ecclés., t. VI, p. 192, etc.