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dans toutes les provinces de l’Empire romain ; et, quoique les moyens dont il s’était servi pour les acquérir ne fussent pas peut-être à l’abri du blâme ou du soupçon, la magnificence et la générosité de cet heureux ministre obtinrent la reconnaissance de ses cliens et l’admiration des étrangers[1]. Les Romains avaient une si grande vénération pour la mémoire de Probus, qu’à la requête du sénat, ses deux fils, encore très-jeunes, occupèrent conjointement les deux places de consuls ; les annales de Rome n’offrent point d’exemples d’une pareille distinction[2].

Opulence de la noblesse romaine.

Les marbres du palais Anicien passèrent en proverbe pour exprimer la richesse et la magnificence[3] ; mais les nobles et les sénateurs s’efforçaient, selon leurs facultés, d’imiter cette famille illustre. La description de Rome, faite avec soin sous le règne de

    sa veuve lui élevèrent dans le Vatican un superbe mausolée, qui fut démoli du temps du pape Nicolas V, pour faire place à la nouvelle église de Saint-Pierre. Baronius, qui déplore la destruction de ce monument chrétien, en a conservé avec soin les bas-reliefs et les inscriptions. Voyez Annal. eccles., A. D. 395, no 5-17.

  1. Deux satrapes persans firent le voyage de Milan et de Rome, pour entendre saint Ambroise et voir Probus. Paulin (in vit. S. Ambros.). Claudien (in consul. Probin. et Olybr. 30-60) semble manquer de termes pour décrire la gloire de Probus.
  2. Voy. le poëme de Claudien adressé aux deux jeunes consuls.
  3. Secundinus le manichéen (ap. Baron., Annal. eccles., A. D. 390, no 34.)