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CHAPITRE XXXIII.
Mort d’Honorius. Valentinien III, empereur d’Occident. Administration de sa mère Placidie. Ætius et Boniface. Conquête de l’Afrique par les Vandales.

Dernières années d’Honorius et sa mort. A. D. 423. Août 27

L’EMPEREUR Honorius, durant un règne honteux de vingt-huit ans, vécut toujours en inimitié avec son frère Arcadius et ensuite avec son neveu Théodose. Constantinople contemplait les calamités de Rome avec une joie qu’elle déguisait sous l’extérieur de l’indifférence. Les étranges aventures de Placidie[1] renouvelèrent par degrés et cimentèrent enfin l’alliance des deux empires. La fille du grand Théodose avait été alternativement captive et reine des Goths, elle avait perdu un mari qui la chérissait, et s’était vu traîner en esclavage par l’assassin du brave Adolphe. Elle goûta bientôt les douceurs de la vengeance, et le traité de paix stipula six cent mille mesures de froment pour sa rançon. Après son retour d’Espagne en Italie, Placidie éprouva une nouvelle persécution dans le sein de sa famille. Elle vit avec répugnance les nouveaux liens qu’on lui préparait sans la consulter. Le brave Constance reçut pour prix de ses services, de la main même d’Honorius, une main que la veuve d’Adolphe s’efforçait en vain de lui refuser ; mais la résistance de la princesse finit avec la céré-

  1. Voyez ch. XXXI, p. 92.