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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 6.djvu/19

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turiers accouraient de toutes les provinces dans la capitale ; ceux qui faisaient fortune par leurs vices ou par leurs talens, occupaient les palais de Rome, usurpaient les titres, les honneurs, et opprimaient ou protégeaient les restes humbles et appauvris des familles consulaires qui ignoraient peut-être l’ancienne gloire de leurs ancêtres[1].

Famille anicienne.

Du temps de saint Jérôme et de Claudien, les sénateurs cédaient unanimement la préséance à la famille Anicienne ; et un léger coup d’œil sur son histoire fera apprécier l’ancienneté des familles nobles qui ne réclamaient que le second rang[2]. Durant les cinq premiers siècles de la république, le nom des Aniciens fut tout-à-fait inconnu. Il paraît qu’ils étaient originaires de Préneste, et ces nouveaux citoyens se contentèrent long-temps des honneurs plébéiens accordés aux tribuns du peuple[3]. Cent

  1. Tacite (Annal. III, 55) affirme qu’entre la bataille d’Actium et le règne de Vespasien, le sénat se remplit peu à peu de nouvelles familles des villes municipales et des colonies de l’Italie.
  2. Nec quisquam procerum tentet (licet ære vetusto
    Florent, et claro cingatur Roma senatu)
    Se jactare parem ; sed primâ sede relictâ
    Aucheniis, de jure licet certare secundo.

    CLAUD., in Prob. et Olybrii, Coss. 18.

    Un tel hommage rendu au nom obscur des Auchenii, a fort étonné les critiques ; mais ils conviennent tous que quel que soit le véritable texte, on ne peut appliquer le sens de Claudien qu’à la famille des Aniciens.

  3. La plus ancienne date relative aux Aniciens dans les