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les tremblemens de terre, les sauterelles[1] et la famine, fléaux que le mécontentement général était presque tenté d’imputer à l’incapacité du monarque. Enfin, dans la trente-unième année de son âge, et après avoir régné, si l’on peut abuser ainsi de cette expression, l’espace de treize ans trois mois et quinze jours, Arcadius mourut à Constantinople. Il est impossible de tracer son caractère, puisque dans un temps abondant en matériaux historiques, on ne découvre pas une seule action qui appartienne personnellement au fils du grand Théodose.

Son testament supposé.

L’historien Procope[2] fait briller, à la vérité, dans l’esprit du monarque expirant, un rayon de prudence humaine ou de prévoyance céleste. Arcadius considérait avec inquiétude la situation dangereuse dans laquelle il laissait son fils Théodose, âgé de sept ans, les factions d’une minorité et le caractère ambitieux de Jezdegerd, roi de Perse. Au lieu de s’exposer à tenter la fidélité de quelque sujet ambitieux, en lui confiant le pouvoir suprême, il osa réclamer la générosité d’un roi, et mit, par un testament solennel, le sceptre de l’Orient entre les mains de Jezdegerd lui-même. Jezdegerd accepta,

  1. Saint Jérôme (t. VI, p. 73-76) fait un tableau frappant de la marche destructive des sauterelles, qui étendirent un nuage épais entre le soleil et la terre, et couvrirent les champs de la Palestine. Heureusement des vents qui s’élevèrent alors en poussèrent une partie dans la mer Morte, et l’autre dans la Méditerranée.
  2. Procop., de bell. Persic., l. I, c. 2, p. 8, édit. Louv.