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Page:Gibbon - Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, traduction Guizot, tome 6.djvu/166

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l’obligation du serment, l’impératrice fit transporter de Constantinople au faubourg adjacent de Chalcédoine le théâtre du jugement et de l’exécution. Le consul Aurélien prononça la sentence, et les griefs sur lesquels il la motiva font connaître la jurisprudence d’un gouvernement despotique. Les attentats d’Eutrope contre les citoyens suffisaient pour justifier sa mort ; mais on prouva de plus qu’il était coupable d’avoir attelé à son propre char les animaux sacrés, dont la race et la couleur étaient exclusivement réservées au service du souverain[1].

Conspiration et chute de Gainas. A. D. 400.

Tandis que cette révolution se consommait dans l’intérieur du palais, Gainas se révolta ouvertement, réunit ses forces avec celles de Tribigild à Thyatire en Lydie, et conserva toujours sur le chef rebelle des Ostrogoths l’ascendant de la supériorité[2]. Les armées confédérées s’avancèrent sans obstacle jusqu’au détroit de l’Hellespont et du Bosphore ; et l’on fit consentir Arcadius, pour éviter la perte de ses provinces d’Asie, à remettre sa personne et son autorité entre les mains des Barbares. On choisit pour le lieu de l’entrevue l’église de Sainte-Euphémie, située sur une haute éminence près de Chalcédoine[3]. Gainas, respectueusement prosterné aux

  1. Zosime, l. V, p. 313 ; Philostorgius, l. XI, c. 6.
  2. Zosime (l. V, p. 313-323), Socrate (l. VI, c. 4), Sozomène (l. VIII, c. 4) et Théodoret (l. V, c. 32, 33) racontent avec quelques différences dans les circonstances, la conspiration, la défaite et la mort de Gainas.
  3. Zosime lui-même fait usage de l’expression Οσιας