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geric, frère de Sarus, fut placé sur le trône d’Adolphe. Il commença son règne par le meurtre inhumain de six enfans[1] que son prédécesseur avait eus d’un premier mariage, et qu’il arracha sans pitié des bras d’un vénérable évêque. L’infortunée Placidie, au lieu de la respectueuse compassion qu’elle avait droit d’attendre des cœurs les plus inhumains, essuya des traitemens barbares et ignominieux. La fille de l’empereur Théodose, confondue dans une foule de vils captifs, fut forcée de faire à pied un trajet de plus de douze milles, devant le cheval du barbare, assassin d’un mari qu’elle aimait et regrettait[2].

Les Goths délivrent l’Espagne. A. D. 415-418.

Mais Placidie ne tarda pas à jouir du plaisir de la vengeance. Les outrages qu’on lui faisait souffrir excitèrent peut-être l’indignation du peuple contre l’usurpateur, qui fut assassiné le septième jour de son règne. Le choix libre de la nation plaça sur le trône Wallia, guerrier ambitieux et entreprenant, dont les projets parurent d’abord menacer l’empire. Il conduisit son armée de Barcelone aux côtes de l’océan Atlantique, que les anciens révéraient et

    Huns, commandaient les tribus des Ostrogoths dans quelque canton éloigné de la Germanie ou de la Scythie.

  1. Olympiodore raconte le meurtre, mais le nombre des enfans est tiré d’une épitaphe peu authentique.
  2. On célébra à Constantinople la mort d’Adolphe par une représentation des jeux du Cirque, et par une illumination. Voyez Chron. Alexandrin. On ne sait pas bien si ce fut en haine des Barbares ou des Latins que les Grecs se livrèrent à ces réjouissances.