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été à même de connaître les différens effets de l’indulgence et de la sévérité. L’exemple de Galère, son implacable ennemi, lui rendait la dernière plus odieuse, et il était invité à la première par l’autorité de son père, qui, au moment de sa mort, lui en avait recommandé l’imitation. Le fils de Constance suspendit immédiatement ou annula les édits de persécution ; tous ceux qui s’étaient déjà déclarés membres de l’Église obtinrent le libre exercice de leurs cérémonies religieuses ; et ils eurent bientôt lieu de compter également sur la faveur et sur la justice de leur souverain, qui commençait à sentir secrètement un respect sincère pour le nom de Christ et pour le dieu des chrétiens[1].

Édit de Milan. A. D. 313. Mars.

Environ cinq mois après la conquête de l’Italie, l’empereur fit de ses sentimens une déclaration solennelle et authentique par le fameux édit de Milan, qui rendit la paix à l’Église catholique. Dans l’entrevue des deux princes de l’Occident, Constantin, par l’ascendant de sa puissance et de son génie, obtint l’approbation de Licinius ; leurs noms et leur autorité réunis désarmèrent la fureur de Maximin ; et après la mort du tyran de l’Orient, l’édit de Milan fut reconnu pour une loi fondamentale dans tout le monde romain[2]. La sagesse des deux empereurs

  1. Voyez Eusèbe, Hist. ecclés., l. VIII, 13 ; l. IX, 9 ; et dans la Vie de Constantin, l. I, c. 16, 17 ; Lactanc., divin. Instit., l. I ; Cæcilius, De mort. pers., c. 25.
  2. Cæcilius (De mort. persec., c. 48) a conservé l’original latin, et Eusèbe (Hist. ecclés., l. X, c. 5) a donné une tra-