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de Nicomédie, avait pu être motivée par ses craintes, devait être regardée dans le souverain des Gaules comme l’effet de son penchant ou de sa politique. Il rétablit les temples des dieux, et les enrichit de ses libéralités. Les médailles frappées dans les monnaies impériales étaient toujours empreintes des figures et des attributs de Jupiter et d’Apollon, d’Hercule et de Mars ; et sa piété filiale augmenta le conseil de l’Olympe par l’apothéose solennelle de son père Constance[1]. Mais Constantin avait une dévotion particulière pour le génie du Soleil, l’Apollon de la Mythologie grecque et romaine. Il aimait à se voir représenter avec les symboles du dieu de la lumière et de la poésie. Les flèches redoutables de cette divinité, le feu de ses regards, sa couronne de lauriers, sa beauté immortelle, et la noble élégance de ses attributs, semblaient la désigner pour le protecteur d’un jeune héros. Les autels d’Apollon furent souvent couverts des offrandes votives de Constantin. La multitude crédule se laissait persuader que l’empereur

    son fils dans ia religion chrétienne : mais nous pouvons certifier, d’après l’autorité plus respectable d’Eusèbe (in vit. Constant., l. III, c. 47), qu’Hélène elle-même n’eut connaissance du christianisme que par les soins de Constantin.

  1. Voyez les médailles de Constantin dans Ducange et Banduri. Comme peu de villes avaient conservé le privilége d’avoir un coin particulier, presque toutes les médailles sortaient de la monnaie qui était immédiatement sous l’autorité impériale.