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offert d’acheter par le tribut annuel et honteux de deux mille livres d’argent. L’avarice de l’empereur refusait à ses soldats les sommes que sa main tremblante répandait avec profusion sur les Barbares ; et Julien eut besoin de toute son adresse et de toute sa fermeté quand il ouvrit la campagne avec une armée qui, pendant les deux dernières années, n’avait reçu ni paye ni gratification[1].

Administration civile de Julien.

C’était à assurer le bonheur et la paix de ses sujets que tendait ou semblait tendre l’administration de Julien[2]. Il s’occupait, pendant ses quartiers d’hiver, du gouvernement civil, et affectait de préférer aux fonctions d’un général celles d’un magistrat. Avant d’entrer en campagne, il remettait aux gouverneurs des provinces les causes publiques et particulières qui avaient été portées à son tribunal ; mais à son retour il examinait soigneusement toutes leurs procédures, adoucissait la rigueur de la loi, et prononçait son jugement sur la conduite même des juges. Supérieur à la dernière faiblesse qui reste quelquefois aux hommes vertueux, ce zèle ardent pour la justice, trop souvent poussé jusqu’à l’indiscrétion, il réprima par une réponse pleine de sagesse et de dignité, la chaleur d’un avocat qui accusait de concus-

    une pareille exportation devait avoir atteint déjà un degré de culture bien florissant.

  1. Les troupes se mutinèrent une fois, immédiatement avant le second passage du Rhin. Ammien, XVII, 9.
  2. Ammien, XVI, 5 ; XVIII, 1 ; Mamertin, in Panegyr. Vet., XI, 4.