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de célérité, que les chefs des Barbares, plongés dans la sécurité de l’ivresse, furent sur le point d’être surpris au retour d’une fête nocturne. Sans reproduire les tableaux uniformes et rebutans du carnage et de la dévastation, il suffira de dire que Julien dicta comme il lui plut les conditions de la paix à six des plus puissans rois des Allemands. On permit à trois d’entre eux d’examiner la sévère discipline et la pompe martiale d’un camp romain. Suivi de vingt mille captifs délivrés de leurs chaînes, le César repassa le Rhin, après avoir terminé une guerre dont le succès a été comparé aux célèbres victoires remportées sur les Cimbres et sur les Carthaginois.

Julien répare les villes de la Gaule.

Dès que Julien, par sa valeur et par son intelligence, se fut assuré d’un intervalle de paix, il occupa son loisir d’un ouvrage plus intéressant pour l’humanité et pour son caractère philosophe. Les villes de la Gaule dévastées par les Barbares furent promptement réparées. On nomme particulièrement sept postes importans entre Metz et l’embouchure du Rhin qui furent, dit-on, reconstruits et fortifiés par les ordres de Julien[1]. Les Germains vaincus s’étaient

  1. Ammien, XVIII, 2 ; Libanius, orat. 10, 279, 280. De ces sept postes, quatre sont aujourd’hui des villes assez considérables, Bingen, Andernach, Bonn et Nuyss. Les trois autres, Tricesimae, Quadriburgium et Castra Herculis ou Héraclée, ne subsistent plus ; mais il y a lieu de croire que, sur le terrain de Quadriburgium, les Hollandais ont construit le fort de Schenk, dont le nom blessait si