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vienne. On rappela Marcellus, sans user contre lui d’aucune autre mesure de sévérité[1], et le commandement de la cavalerie fut donné à Sévère, qui à la fidélité joignait la valeur et l’expérience. Capable également de conseiller avec respect, et d’exécuter avec zèle, il se soumit sans répugnance à l’autorité suprême que par les soins de sa protectrice Eusebia, Julien parvint enfin à obtenir sur les armées de la Gaule[2]. On adopta pour la campagne suivante un plan sage d’opérations. Julien lui-même, à la tête du reste des vétérans et de quelques nouvelles levées que la cour avait permises, pénétra hardiment dans les cantonnemens des Germains ; il rétablit avec soin les fortifications de Saverne, dont la position avantageuse pouvait également arrêter les incursions et intercepter la retraite de l’ennemi. D’un autre côté, Barbatio, général d’infanterie, s’avançait de Milan avec une armée de trente mille hommes ; et, après avoir passé les montagnes, se préparait à jeter un pont sur le Rhin aux environs de Bâle. On devait

  1. Amm., XVI, 7. Libanius parle en des termes plutôt avantageux que défavorables des talens militaires de Marcellus (orat. 10, p. 272), et Julien fait entendre que l’empereur ne l’aurait pas rappelé si légèrement, s’il n’y avait pas eu à la cour d’autres griefs contre lui, p. 278.
  2. Severus, non discors, non arrogans, sed longâ militæ frugalitate compertus ; et eum recta præeuntem secuturus, ut ductorem morigerus miles. Amm., XVI, II ; Zosime, l. III, p. 140.