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pelle quelquefois Diarbekir[1], du nom de la province, est située avantageusement dans une plaine fertile arrosée par le cours naturel du Tigre et par des canaux artificiels, dont le plus considérable forme un demi-cercle autour de la partie orientale de la ville. L’empereur Constance lui avait récemment accordé l’honneur de porter son nom, et l’avait fortifiée de nouveaux murs défendus par de hautes tours. L’arsenal était muni de toutes les machines de guerre propres à la défense, et la garnison avait été nouvellement renforcée de sept légions quand la place fut investie par les armées de Sapor[2]. Ce prince fondait sur un assaut général son premier et principal espoir. Les différentes nations qui suivaient ses drapeaux prirent les postes qui leur furent assignés ; la nation des Vertæ au midi, au nord les Albaniens, à l’orient les Chionites, enflam-

    feddin-Ali, l. III, c. 41 ; Ahmed Arabsiades, t. I, p. 331, c. 43 ; Voyages de Tavernier, t. I, p. 301 ; Voyages d’Otter, t. II, p. 273 ; et les Voyages de Niebuhr, t. II, p. 324-328. Le dernier de ces voyageurs, Danois savant et exact, a donné un plan d’Amida qui éclaircit les opérations du siége.

  1. Diarbekir, que les Turcs, dans leurs actes publics, nomment Kara-Amid, contient plus de seize mille maisons ; elle est la résidence d’un pacha à trois queues. L’épithète de Kara vient de la couleur noire de la pierre dont sont construits les solides et anciens murs d’Amida.
  2. Les opérations du siége d’Amida sont décrites dans le plus grand détail par Ammien (XIX, 1-9), qui combattit honorablement pour sa défense, et s’échappa avec peine quand la ville fut emportée par les Persans.