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unanimes et l’obéissance empressée des Romains ; ils déclarèrent tous qu’ils comptaient sur la victoire tant qu’ils suivraient les drapeaux de ce héros. Leur valeur était encore animée par certaines formules familières à Julien et ses sermens les plus ordinaires : « Puissé-je ainsi réduire les Persans sous le joug ! Puissé-je ainsi rétablir la force et la splendeur de la république ! » L’amour de la gloire était sa passion dominante ; mais ce ne fut qu’après avoir marché sur les ruines de Maogamalcha, qu’il se permit de dire : « Nous avons maintenant fourni quelques matériaux au sophiste d’Antioche[1]. »

Il fait conduire sa flotte de l’Euphrate sur le Tigre.

Son heureuse valeur triomphant jusqu’ici de tous les obstacles l’avait conduit jusqu’aux portes de Ctésiphon ; mais la réduction, ou même le siége de la capitale de la Perse était encore éloignée ; et on ne peut juger le mérite de cette campagne sans connaître le pays qui servait de théâtre à ses hardies et savantes opérations[2]. Les voyageurs ont observé, à vingt milles au sud de Bagdad et sur la rive orientale du Tigre, les ruines du palais de Ctésiphon, ville grande et très-peuplée à l’époque où vivait Ju-

  1. Ammien, XXIV, 3 ; Liban., orat. par., c. 122, p. 346.
  2. M. d’Anville (Mém. de l’Acad. des inscript., t. XXVIII, p. 246-259) a déterminé la position de Babylone, de Séleucie, de Ctésiphon, de Bagdad, etc., et leurs distances respectives. Pietro della Valle est celui qui semble avoir examiné cette fameuse province avec le plus de soin. C’est un homme du monde et un homme instruit ; mais il a une vanité et une prolixité insupportables.