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gereux passage ; et leur intrépide chef fit avertir l’empereur qu’ils allaient déboucher dans la place ennemie. Julien réprima leur ardeur, afin d’assurer leur succès ; et sans perdre un instant, il détourna l’attention des assiégés par le tumulte et les cris d’un assaut général. Les Perses, qui du haut de leurs murs voyaient avec dédain les efforts impuissans des assiégeans, chantaient en triomphe la gloire de Sapor, et ils ne craignirent pas d’assurer l’empereur qu’il monterait à la demeure étoilée d’Ormuzd, avant de se rendre maître de l’imprenable Maogamalcha. En ce moment la place était déjà prise. L’histoire nous a transmis le nom d’un simple soldat qui, sortant de la mine, monta le premier dans une tour, où il ne rencontra personne. Ses camarades se précipitèrent avec une valeur impatiente, et agrandirent l’ouverture : quinze cents Romains se trouvaient au milieu de la ville. La garnison étonnée abandonna les murs, et ne conserva plus l’espoir de se défendre. Bientôt on enfonça les portes ; les troupes massacrèrent indistinctement quiconque leur tomba sous la main, et la débauche et la cupidité suspendirent seules la vengeance. Le gouverneur, qui avait mis bas les armes sur une promesse de pardon y fut brûlé vif, quelques jours après, pour avoir, disait-on, tenu quelques propos peu respectueux contre le prince Hormisdas. On rasa les fortifications, et on ne laissa pas un seul vestige qui pût rappeler l’existence de Maogamalcha. Trois immenses palais, où l’on avait rassemblé avec peine tout ce qui pouvait satisfaire le