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branche de l’Euphrate ; elle était défendue par le courage d’une nombreuse garnison. Elle traita avec mépris Hormisdas, qui l’exhortait à se rendre, et ce prince persan eut la mortification de s’entendre reprocher, avec justice, qu’il oubliait sa naissance, pour conduire une armée d’étrangers contre son prince et sa patrie. Les Assyriens témoignèrent leur fidélité à leur prince par une habile et vigoureuse défense ; mais un coup de bélier ayant fait une grande brèche, en brisant un des angles de la muraille, les habitans et la garnison gagnèrent à la hâte la citadelle. Les soldats de Julien se précipitèrent dans la ville ; après tous les excès auxquels se livrent des soldats en pareille occasion, ils réduisirent Perisabor en cendres, et ils établirent sur les ruines fumantes des maisons, les machines qui devaient foudroyer la citadelle. Une grêle continuelle d’armes de traits prolongea le combat ; l’avantage du terrain, qu’avaient les assiégés, contrebalançait la supériorité que pouvaient tirer les Romains de la force de leurs balistes et de leurs catapultes ; mais dès que les assiégeans eurent achevé un hélépolis qui les mettait au niveau des plus hautes murailles, l’aspect effrayant de cette tour mobile, qui ne laissait plus d’espoir de résistance ou de pardon, réduisit les défenseurs de la citadelle à une humble soumission, et la place se rendit deux jours après l’arrivée de Julien sous ses murs. Deux mille cinq cents personnes des deux sexes, faibles restes d’une population florissante, eurent la permission de se retirer : les riches magasins de blé, d’armes, ou