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Invasion de l’Assyrie. A. D. 363, Mai.

Julien livra les champs de l’Assyrie aux malheurs de la guerre ; et le philosophe se vengea sur des sujets innocens, des actes de rapine et de cruauté que l’orgueil de leur maître s’était permis dans les provinces romaines. Les Assyriens épouvantés appelèrent les eaux à leur secours, et complétèrent, de leurs propres mains, la ruine de leur pays : ils rendirent les chemins impraticables ; ils inondèrent le camp ennemi, et durant plusieurs jours, les troupes de l’empereur eurent à lutter contre les embarras les plus fâcheux. Mais la persévérance des légionnaires, habitués à la fatigue ainsi qu’aux dangers, et animés par le courage de leur chef, surmonta tous les obstacles. Ils réparèrent peu à peu le dommage ; firent rentrer les eaux dans leurs lits, abattirent des bosquets de palmiers, dont ils placèrent les débris sur les parties du chemin qui avaient été rompues, et l’armée traversa les canaux, les plus larges et les plus profonds, sur des radeaux flottans, soutenus par des vessies. Deux villes d’Assyrie osèrent résister aux armes d’un empereur romain, et leur témérité fut sévèrement punie. [Siége de Perisabor.]Perisabor, ou Anbar, située à cinquante milles de la résidence royale de Ctésiphon, tenait le second rang dans la province ; elle était grande, peuplée, très-bien fortifiée et enceinte d’un double mur qu’entourait presque en son entier une

    arrivaient au trésor royal. Le monarque pouvait retirer chaque année trois millions six cent mille livres sterling des dix-sept ou dix-huit millions qu’il levait sur son peuple.