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Description de l’Assyrie.

La fertile province d’Assyrie[1], qui se prolongeait au-delà du Tigre jusqu’aux montagnes de la Médie[2], formait une étendue d’environ quatre cents milles, de l’ancien mur de Macepracta au territoire de Basra, où l’Euphrate et le Tigre réunis ont leur embouchure dans le golfe Persique[3]. Tout ce territoire peut réclamer le nom de Mésopotamie, puisque les deux fleuves, qui ne sont jamais éloignés de plus de cinquante milles l’un de l’autre, ne se trouvent entre Bagdad et Babylone qu’à vingt-cinq milles de distance. Une foule de canaux creusés sans beaucoup de travail, dans une terre molle, établissaient

  1. La description de l’Assyrie est tirée d’Hérodote (l. I, c. 192, etc.), qui écrit quelquefois pour les enfans et quelquefois pour les philosophes ; de Strabon, l. XVI, p. 1070-1082 ; et d’Ammien, l. XXIII, c. 6. Les plus utiles des voyageurs modernes sont Tavernier, part. I, l. II, p. 226-258 ; Otter, t. II, p. 35-69 et 189-224 ; et Niebuhr, t. II, p. 172-288. Mais je regrette beaucoup qu’on n’ait pas traduit l’Irak Arabi d’Abulféda.
  2. Ammien observe que l’ancienne Assyrie, qui comprenait Ninus (Niniveh) et Arbèle, avait pris la dénomination plus récente d’Adiabène ; et il paraît indiquer Teredon, Vologesia et Apollonia comme les dernières villes de la province d’Assyrie, telle qu’elle était de son temps.
  3. Les deux fleuves se réunissent à Apamée ou Corna, à cent milles du golfe de Perse, où ils ne forment plus que le large courant du Pasitigris ou Shat-ul-Arab. L’Euphrate arrivait autrefois à la mer par un canal séparé, que les citoyens d’Orchoé obstruèrent et détournèrent environ vingt milles au sud de la moderne Basra. (D’Anville, Mém. de l’Académ. des inscript., t. XXX, p. 170-191.)