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habitans des villes ouvertes, hors d’état de faire résistance, et ne voulant pas céder, s’enfuirent avec précipitation. Les soldats romains occupèrent leurs maisons pleines de richesses et de provisions, et massacrèrent, sans remords et avec impunité, quelques femmes sans défense. Durant la marche, le Surenas, ou général persan, et Malek-Rodosaces, fameux émir de la tribu de Gassan[1], harcelaient sans cesse l’armée impériale : ils enlevaient tous les traîneurs ; ils attaquaient tous les détachemens, et le vaillant Hormisdas eut quelque peine à s’échapper de leurs mains ; mais enfin on les repoussa. Le pays devenait chaque jour moins favorable aux opérations de la cavalerie ; et quand l’armée arriva à Macepracta, on aperçut les ruines de la muraille qu’avaient construite les anciens rois d’Assyrie, pour mettre leurs domaines à l’abri des incursions des Mèdes. Ces commencemens de l’expédition de Julien paraissent avoir employé quinze jours, et on peut compter environ trois cents milles de la forteresse de Circesium au mur de Macepracta[2].

  1. Famosi nominis latro, dit Ammien, et c’est un grand éloge pour un Arabe. La tribu de Gassan était établie sur les confins de la Syrie ; elle donna des lois à Damas, sous une dynastie de trente-un rois ou émirs, depuis le temps de Pompée jusqu’à celui du calife Omar. (D’Herbelot, Bibliothéque orientale, p. 360 ; Pococke, Specimen Hist. Arab., p. 75-78.) Le nom de Rodosaces ne se trouve pas dans la liste.
  2. Voyez Ammien, XXIV, 1, 2 ; Libanius, orat. parent., c. 110, 111, p. 334 ; Zosime, l. III, p. 164-168.