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prince qui, malgré l’humiliation de sa dépendance, se souvenait que les Arsacides, ses ancêtres, avaient été les maîtres de l’Orient et les rivaux de la puissance romaine.

Préparatifs militaires.

L’habile Julien avait combiné ses préparatifs de manière à tromper les espions et à détourner l’attention de Sapor. Les légions semblaient marcher vers Nisibis et le Tigre. Tout à coup elles se replièrent à droite ; elles traversèrent la plaine nue et découverte de Carrhes, et le troisième jour elles arrivèrent aux bords de l’Euphrate où la forte ville de Nicephorium ou Callinicum avait été bâtie par les rois macédoniens. L’empereur poursuivit ensuite sa marche plus de quatre-vingt-dix milles le long des rivages sinueux de l’Euphrate, et après une route d’un mois depuis son départ d’Antioche, il découvrit les tours de Circesium, la dernière place de son empire. Son armée, la plus nombreuse que les Césars eussent jamais opposée aux Perses, se montait à soixante-cinq mille soldats bien disciplinés. On avait choisi dans les différentes provinces les plus vieilles bandes d’infanterie et de cavalerie, soit romaines, soit barbares ; et parmi celles-ci le prix de la valeur et de la fidélité était justement accordé aux braves Gau-

    trop douce de monuerat. Muratori (Fabricius, Bibl. græc., t. 7, p. 86) a publié une Épître de Julien au Satrape Arsace : cette épître est d’un style violent et grossier ; et quoiqu’elle ait trompé Sozomène (l. VI, c. 5), elle ne paraît pas authentique. La Bléterie (Hist. de Jovien, t. 2, p. 339) la traduit et la rejette.