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fournir quelques lumières sur l’avenir[1]. Il instruisit Libanius des détails de son voyage jusqu’à Hiérapolis par une lettre élégamment écrite, qui annonce la facilité de son esprit et sa tendre amitié pour le sophiste d’Antioche[2].

Il déclare le projet d’envahir la Perse.

Hiérapolis, situé presque sur les bords de l’Euphrate[3], était le rendez-vous général des troupes romaines. Elles passèrent aussitôt ce fleuve sur un pont de bateaux qui les attendait[4]. Si les inclinations de Julien eussent été les mêmes que celles de son prédécesseur, il aurait perdu la saison la plus propre à agir et la plus importante, dans le cirque de Samosate ou dans les églises d’Édesse. Mais c’était Alexandre, et non pas Constance, que le belliqueux empereur avait choisi pour son modèle ; il se rendit sans délai à Carrhes[5], ville très-ancienne de la

  1. Julien (Epist., 28) note avec exactitude tous les présages heureux, mais il supprime les présages défavorablcs qu’Ammien (XXIII, 2) a grand soin de rappeler.
  2. Julien, épître XXVII, p. 399-402.
  3. Je m’empresse de déclarer que je dois beaucoup à la Géographie de l’Euphrate et du Tigre, que vient de publier M. d’Anville (Paris, 1780, in-4o.), et qui jette un grand jour sur l’expédition de Julien.
  4. On peut passer l’Euphrate en trois endroits situés à quelques milles l’un de l’autre. 1o. Zeugma, célèbre chez les anciens ; 2o. Bir, fréquenté par les modernes ; 3o. le pont de Menbigz ou d’Hiérapolis, qui se trouve à quatre parasanges de la ville.
  5. Haran ou Carrhes fut jadis la résidence des Sabéens et d’Abraham. Voyez l’Index geographicus de Schultens