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pardonne avec encore plus de lenteur. » Un court post-scriptum de la main de l’empereur ajoutait encore à la force des expressions de cette lettre : « Le mépris qu’on annonce pour les dieux me cause de la douleur et de l’indignation ; je ne verrai rien, je n’apprendrai rien avec plus de plaisir, que l’expulsion d’Athanase hors de l’Égypte. L’odieux misérable ! sous mon règne le baptême de plusieurs femmes grecques du rang le plus élevé a été l’effet de ses persécutions[1]. » Il n’ordonnait pas expressément la mort de saint Athanase ; mais le préfet de l’Égypte sentit bien qu’il était plus sûr d’excéder que de négliger les ordres d’un maître irrité. L’archevêque se retira sagement dans les monastères du désert : il évita les pièges de l’ennemi avec son habileté ordinaire, et il vécut pour triompher sur les cendres d’un prince qui, dans des expressions dont il était aisé de pénétrer le terrible sens, avait déclaré qu’il voudrait que tout le venin de l’école galiléenne fut concentré dans la seule personne de saint Athanase[2].

  1. Τον μιαρον, ος ετολμησεν Ελληνιδας, επ εμο‍υ, γυναικας των επισημων βαπτιςαι διωκεσθαι. J’ai conservé le sens ambigu des derniers mots. Cette ambiguïté est celle d’un tyran qui veut trouver ou créer des crimes.
  2. Les trois Épîtres de Julien qui développent ses intentions et sa conduite à l’égard de saint Athanase, doivent, selon l’ordre chronologique, être placées ainsi, 26, 10, 6. Voyez aussi saint Grégoire de Nazianze, XXI, p. 393 ; Sozomène, l. V, c. 15 ; Socrate, l. III, c. 14 ; Théodoret, l. III,