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jesté des lois et usurper le trône archiépiscopal d’Alexandrie sans attendre les ordres de son souverain. Pour punir saint Athanase d’un délit imaginaire, Julien le bannit de nouveau de la ville, et jugea à propos de supposer que cet acte de justice devait être fort agréable à ses pieux sujets. Les sollicitations pressantes du peuple lui montrèrent bientôt que le plus grand nombre des habitans d’Alexandrie étaient chrétiens, et que la plupart de ces chrétiens étaient fermement attachés à la cause de leur archevêque opprimé. Mais quand il fut instruit de ces dispositions, loin de révoquer son décret, Julien relégua saint Athanase hors de l’enceinte de l’Égypte. Le zèle de la multitude le rendait plus inexorable : il craignait de laisser un chef populaire et entreprenant à la tête d’une ville soulevée ; et les paroles que lui dicta son ressentiment découvrent l’opinion qu’il avait de la fermeté et des talens du primat. L’exécution de l’arrêt était différée par la circonspection ou la négligence d’Ecdicius, préfet de l’Égypte ; une sévère réprimande le réveilla de sa léthargie. « Quoique vous négligiez de m’écrire sur d’autres sujets, lui dit Julien, vous devez au moins m’instruire de votre conduite à l’égard d’Athanase, l’ennemi des dieux. Il y a longtemps que vous savez mes intentions. Je jure par le grand Sérapis, que si, aux calendes de décembre, Athanase n’est pas hors d’Alexandrie, et même de l’Égypte, les officiers de votre gouvernement payeront une amende de cent livres d’or. Vous me connaissez ; je ne me hâte pas de condamner, mais je