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de l’ennemi commun ramena l’harmonie et la paix parmi les chrétiens[1].

Il est persécuté et chassé de son siége par Julien. A. D. 362, Octobre.

Athanase, par ses soins et son activité, avait su mettre à profit ces momens d’une tranquillité passagère que vinrent bientôt troubler les édits que dictait à l’empereur son inimitié[2]. Il méprisait les chrétiens, mais il honorait saint Athanase en particulier d’une haine sincère. Il l’avait en vue lorsqu’il introduisit une distinction arbitraire qui ne s’accordait pas du moins avec l’esprit de ses déclarations antérieures. Il soutint qu’en rappelant les galiléens de l’exil, cette faveur générale ne leur rendait pas les siéges qu’ils avaient occupés dans l’Église ; et il parut étonné qu’un criminel, condamné à diverses reprises par les empereurs, osât insulter à la ma-

    Tillemont (Mém. ecclés., t. VII, p. 900-926.), et observez comment la couleur de sa narration change peu à peu, à mesure que le confesseur devient schismatique.

  1. Assensus est huic sententiæ Occidens, et, per tam necessarium concilium, Satanæ faucibus mundus ereptus. Le dialogue vif et adroit de saint Jérôme contre les lucifériens (t. II, p. 135-155) nous peint la politique ecclésiastique de ces temps.
  2. Tillemont, qui suppose que George fut massacré au mois d’août, accumule dans un court intervalle les actions de saint Athanase. (Mém. ecclés., t. VIII, p.360.) Un fragment original, tiré de la vieille bibliothéque du chapitre de Vérone et publié par le marquis Maffei (Observazioni letterarie, tom. 3, p. 60-92) donne plusieurs dates importantes qu’on reconnaît pour exactes d’après le calcul des mois égyptiens.