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depuis que la pluralité des évêques d’Orient, par ignorance ou contre leur gré, avait souscrit à la confession de Rimini. Ils se repentaient, ils adhéraient à la doctrine de l’Église catholique ; mais ils craignaient la rigueur déplacée des orthodoxes. On sentit que si leur orgueil remportait sur leur foi, ils pourraient se jeter dans les bras des ariens, afin d’échapper à la honte d’une pénitence publique, qui les rabaisserait à l’état de laïcs obscurs. Les docteurs catholiques discutaient alors avec quelque chaleur, les questions sur l’union et la distinction des personnes divines, et cette controverse métaphysique faisait craindre une séparation éclatante et durable entre l’Église grecque et l’Église latine. La sagesse d’un synode choisi, auquel le nom et la présence d’Athanase donnèrent l’autorité d’un concile général, admit à la communion de l’Église, sans autre condition que celle de souscrire le symbole de Nicée, les évêques que leur imprudence avait jetés dans l’erreur : on n’exigea d’eux, ni une reconnaissance formelle de leur faute, ni des détails sur ce qu’ils pensaient des diverses opinions de l’école. Les conseils du primat de l’Égypte avaient déjà préparé le clergé de la Gaule, de l’Espagne, de l’Italie et de la Grèce à l’adoption de cet expédient salutaire ; et malgré l’opposition de quelques esprits ardens[1], la crainte

    méritoire que ses prières, ses jeûnes, et les persécutions qu’il a essuyées, etc.

  1. Je n’ai pas le temps de suivre l’histoire de l’aveugle obstination de Lucifer de Cagliari. Voyez ses aventures dans